Accueil / Les emballages à la cire végétale sont-ils vraiment une alternative écologique ?

Certains me demandent parfois pourquoi les emballages alimentaires réutilisables d’Embal’VERT ne sont pas exclusivement fabriqués à base de cire végétales. Selon certains vegans, il existe forcément une alternative “plus responsable” à la cire d'abeille. Si cette noble idée est louable, il est important d’examiner de plus près ces autres alternatives, à première vue, éco-responsables.

En effet, la plupart des emballages vegans sont réalisés à partir d’une des cires végétales ci-dessous, voir d’un mélange de ces mêmes ingrédients :

  • la cire de candelulla,
  • la cire de carnauba,
  • la cire de colza,
  • la cire de son de riz,
  • la cire de soja,
  • la cire de sumac

Cependant, l’origine géographique, la culture ou la composition de ces mêmes cires est, finalement, loin d’être aussi “responsable” que la cire d’abeille. Étudions les faits.

Les cires végétales ne sont pas si éco-responsables 

La Cire de Candelilla

Cet ingrédient est fabriqué à partir des feuilles et des tiges de l’arbuste Candelilla qui se cultive généralement au Nord du Mexique ou au sud-ouest des Etats-Unis. L'empreinte carbone pour l’importer en France est donc considérable.

Ensuite, pour obtenir la cire, il faut cuire les feuilles à l'acide sulfurique dilué. La cire flottera à la surface et devra être nettoyée de nombreuses fois avant d'être utilisée. Malgré tout, cette cire est une espèce protégée par la CITES.

Sources : 
Cites.org
FAO.org

La cire de Carnaub (copernicia)

Aussi appelé cire du Brésil, cet ingrédient provient du palmier Copernica Prunifera qui ne pousse que dans les États du nord-est de ce même pays. L'empreinte carbone pour l’importer en France est à nouveau considérable.

Pour obtenir la cire, il faut couper 50 % des feuilles de l’arbre et les laisser sécher au soleil 2 ou 3 jours. La plante essaie de se défendre du dessèchement en produisant de la cire.

N'oublions pas que 10 feuilles de ce palmier génèrent environ 500 g de cire.

De plus, certaines variations de la cire sont traitées avec divers mélanges de solvants aliphatiques qui sont des produits chimiques à base de pétrole tels que la paraffine, l'isoparaffine ou les paraffines cycliques.

De surcroît, plusieurs journalistes et organisations dénoncent sur les conditions de travail esclavagiste des personnes récoltant cette cire.

Sources : 
Newswire
Thewarnott

La cire de colza

La vue des champs de colza aux fleurs jaunes est magnifique, même si elle dure seulement quelques semaines. Malheureusement, les champs de colza sont souvent plantés en monoculture. Cela signifie que les plantes ne fleurissent que pendant quelques semaines et n'offrent que très peu de nourriture aux abeilles et autres pollinisateurs. Il n'est pas rare de trouver des abeilles affamées dès juin s'il n'y a pas d'autres fleurs sauvages en fleurs à proximité.

En 2016, les principaux producteurs de colza étaient le Canada avec 18,4 millions de tonnes par an, suivi par la Chine avec 15,3 millions de tonnes et pour l'Inde avec 6,8 millions de tonnes. 

Le colza est la 3ème source d'huile végétale au monde, il est utilisé pour l'alimentation animale et le biodiesel. Malheureusement, quand on parle de colza, il faut aussi nommer Monsanto. Cette organisation a développé génétiquement des cultivars de colza résistants à leur herbicide «Roundup» avec l'ingrédient actif Glyphosate. Il est désormais possible de trouver du glyphosate dans le code génétique d'une graine même après 4 générations.

Sources : 
Livescience
TheGuardian
ScienceDirect

La cire de son de riz

Vous l’aurez deviné, cette cire est obtenue à partir de riz. C'est surtout un sous-produit de la production d'huile de son de riz. Les dernières études montrent que la riziculture a des effets dévastateurs sur le changement climatique et les niveaux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Les émissions d'oxyde nitreux des rizières sont beaucoup plus puissantes que les autres gaz, elles restent longtemps dans l'atmosphère et retiennent la chaleur plus longtemps. Les émissions de protoxyde d'azote et de méthane des rizières pourraient avoir le même impact à long terme sur le réchauffement que 600 centrales au charbon. À court terme, cela représenterait l'équivalent de 1 200 centrales à charbon.

En général, le processus de fabrication de l'huile de son de riz est l'un des plus difficiles de tous les traitements d’huile végétale. En plus, cette même huile contient seulement 3 à 6% de cire. Une fois l'huile obtenue par filtration ou centrifugation, elle doit être nettoyée. Plus précisément, l'huile est d'abord dégraissée et devient une cire en poudre brun foncé. Afin d'éliminer la matière résineuse qui provoque la couleur foncée, la cire doit être blanchie avec du borohydrure de sodium dans l'isopropanol. La cire peut également être lavée avec de l'acétone et de l'éthanol. 

Sources : 
Earth.com
Reseachgate

La cire de soja

Vous appréciez déjà les bougies en cire de soja car elles brûlent bien, longtemps et sentent bon. La cire de soja est produite à partir de graines de soja.

Le soja pousse dans des régions chaudes comme en Asie et en Amérique du Sud. Le plus gros producteur de soja en 2012 fut les États-Unis, suivi du Brésil. Étant donné que les États-Unis ne sont pas autorisés à exporter du soja, le Brésil est le pays qui exporte la majeure partie du soja, soit près de 96 millions de tonnes en 2016. Afin d'y parvenir, 330 000 m² de forêt tropicale auraient été abattus (l'équivalent de la surface de l'Allemagne avec 357 000 m²)!  

Étant donné que le soja contient 36% de protéines, 80% du soja est utilisé pour nourrir les animaux à travers l'Amérique du Nord et l'UE.

Aussi, il ne faut que 100 jours pour que l'arbuste se développe. Tant que les forêts tropicales sont laissées seules, le monoxyde de carbone est lié. Une fois détruits, le monoxyde de carbone pénètre dans l'atmosphère. Les plants de soja lient le monoxyde de carbone, mais pas autant que ce qui est libéré lorsque les forêts tropicales sont brûlées. Environ 98% du soja récolté est génétiquement modifié (OGM) ou un mélange avec du soja OGM.

N'oublions pas également les aspects sociaux des monocultures appartienant à quelques grands propriétaires terriens, au détriment des petits agriculteurs et les travailleurs perdent peu à peu leur travail et leurs terres.

Sources : 
Worldwildlife.org 
Soya.be 

La cire de sumac

Aussi connu sous le nom de cire du Japon, cet ingrédient est importé du Japon ainsi que de la Chine. La cire est obtenue à partir de baies de certains sumacs, comme le Toxicodendron. En fait, c’est surtout une graisse qui contient 95% de palmitique et qui rancit facilement. C’est pourquoi elle est surtout utilisée dans les bougies, les cires à plancher, les allumettes, les lubrifiants métalliques et les crayons de couleur. 

D’autres cires ?

Il existe de nombreuses autres cires végétales dans le monde. Cependant, il est important de regarder l’ensemble des cires sous différents angles tels que:

  • D'où la cire est-elle importée et quelle est sont empreinte CO2 ?
  • Dans quelles conditions les plantes sont-elles cultivées et récoltées ? Comment est obtenu la cire ?
  • Quels sont les produits chimiques utilisés ppour extraire la cire et / ou faire pousser les plantes?
  • Quel impact la culture de la plante a-t-elle sur l'écosystème où elle est cultivé ?
  • Y a-t-il des effets sur les animaux, les abeilles et les autres pollinisateurs?
  • Quel impact social sa culture crée-t-elle sur la population locale ?

Les avantages de la cire d'abeille

Parmi les quelques «effets secondaires» que toutes ces cires ont en commun, parlons de leurs densité vis à vis de la cire d'abeille. Cela signifie qu'elles ne sont pas aussi souples que les emballages à la cire d'abeille et qu'elles ne collent pas aussi bien. 

En plus d'avoir une meilleur adhésion, la cire d'abeille a un effet antifongique et antiviral naturel grâce à la propolis qu'elle contient. Ainsi, la nourriture reste fraîche plus longtemps et n'est pas gaspillée.

De plus, les emballages alimentaires d'Embal'VERT sont produits avec la cire de mes abeilles locales dont je prends moi-même soin tous les jours. Mon emprunte carbone est alors très faible et je participe à la préservation de la faune et la flore de ma région.

Aussi, nous savons tous que les pollinisateurs et les abeilles sont en danger. En s'intéressant à leur cire, nous portons toutes notre intention sur ces insectes et prenons ainsi soin d’eux.  

A partir de ces éléments, libre chacun doit décider, par lui-même, avec quelle «alternative» il veux vivre.

Si vous avez d'autres questions sur les emballages alimentaires zéro déchet d'embal'VERT, cliquez ici.